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Économie et finance, mardi 26 mars 2002

Plainte à Paris contre une exploitation française de bois au Cameroun

PARIS (AFP) - Sept villageois camerounais et une association française ont déposé une plainte à Paris contre la société française Rougier, pour avoir, selon les plaignants, exploité illégalement du bois dans ce pays du centre de l'Afrique, a indiqué mardi l'avocat des plaignants.

Les villageois, qui vivent au sud-est du Cameroun, et l'association "Les amis de la Terre", représentés par l'avocat parisien Me William Bourdon, ont déposé vendredi une plainte avec constitution de partie civile qui devrait, sauf si elle est jugée irrecevable, déboucher sur une information judiciaire.

La plainte dirigée notamment contre le directeur général de Rougier, Francis Rougier, vise des faits présumés de "faux, usage de faux, destruction de biens appartenant à autrui, escroquerie et recel".

Les villageois, qui souhaitent garder l'anonymat, reprochent aux dirigeants français de la Société forestière et industrielle de la Doumé (SFID) et sa maison-mère, la société Rougier, d'avoir exploité du bois sans autorisation et utilisé divers subterfuges pour maquiller ces coupes, depuis mai 1999.

Ils assurent également que des engins de la SFID, pour les besoins des coupes, étaient à l'origine de la destruction d'un certain nombre de leurs plantations. Francis Rougier était directeur général de la SFID à l'époque des faits.

Les plaignants dénoncent également des faits de corruption de fonctionnaires, car "l'administration locale (au Cameroun, ndlr) bénéficie directement ou indirectement d'avantages qui lui sont procurés depuis des années par la SFID, avantages qui expliquent son silence et son apathie devant les plaintes déposées par les plaignants" et restées sans suite.

Selon Me Bourdon, la justice française est compétente en raison de la "participation directe et effective de citoyens français aux faits dénoncés". Il considère également que la société Rougier est "donneur d'ordres et par conséquent complice des infractions reprochées aux dirigeants français de sa filiale, la SFID, de droit camerounais".

Les plaignants rappellent enfin que le "gisement forestier" au Cameroun est "un des plus importants d'Afrique" et qu'"il fait l'objet d'une exploitation intense, par le truchement essentiellement de sociétés camerounaises qui sont en général des filiales détenues à plus de 50% par des groupes étrangers et notamment des groupes français".

© 2002 AFP. Tous droits réservés.

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