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L'exploitation illégale des bois tropicaux dénoncée
La Tribune – 27 mars 2002
Robert Jules
• L’ONU considère que 50 % des bois tropicaux importés dans le monde viennent de coupes illégales.
• En France, une association écologiste a porté plainte contre un industriel du bois.
la perspective du prochain Sommet des forêts anciennes des Nations unies (du 7 au 19 avril à La Haye, au Pays Bas), l'exploitation et l'importation de bois tropicaux des pays africains font l'objet de campagnes menées par des associations écologistes telle Greenpeace, qui dénoncent « le pillage des ressources » du continent.
Lundi, une étude publiée à l'occasion d'un séminaire sur la dimension économique des conflits tenu au siège des Nations unies enfonçait le clou : « En 1999, environ 50 % du bois d'œuvre importé d'origine tropicale a été coupée de manière illégale ». La proportion, selon le document, est la même pour les importations dans l'Union européenne. Le chiffre est important mais le document ne fournit aucun renseignement sur les volumes et les pays concernés. Dans ce contexte, la plainte dé posée vendredi à Paris par l'association « Les Amis de la Terre » ainsi que sept villageois camerounais contre Rougier, une des plus importantes entreprises françaises, spécialisées dans le bois, prend autre dimension. Implantée depuis plus de trente ans au Gabon et au Cameroun, elle opère dans l’abattage, la transformation et l’exportation de grumes. Les plaignants lui reprochent, ainsi qu'à sa filiale au Cameroun, la Société forestière et industrielle de la Doumé (SFID), d'avoir exploité sans autorisation du bois et maquillé les coupes à partir de mai 1999. Pour les besoins de l'opération, les engins du SFID auraient détruit la plupart de leurs plantations cacaoyères. Au delà de ces faits, Frédéric Castell, chargé de mission Forêts aux Amis de la Terre, dénonce « le rôle des sociétés à capitaux français qui exploitent la forêt sans gestion rationnelle des ressources ».
Vers plus de transparence
Interrogé par La Tribune, le directeur général de Rougier, Francis Rougier, s'est dit « étonné par cette plainte déposée par des personnes anonymes »; dont il remarque qu' « elle porte sur des faits remontant à 1999 »et ne comprend pas « pourquoi elle a été déposée à Paris ».Il attend d'avoir « plus d'informations ».
Pourtant le Cameroun, sous l'impulsion des organisations internationales, dont la Banque mondiale a depuis 1999 évolué vers plus de transparence. Comme l'indiquait la revue Marchés tropicaux début février, un arrêté du ministère camerounais en charge de l'Environnement et des forêts a sanctionné une soixantaine
de sociétés en suspendant certains agréments et en infligeant des pénalités pour un montant total de 500 millions de F (cfa).
Si ces efforts vont dans le bon sens, le document onusien indique toutefois qu'en l'absence de réglementation internationale, le bois coupé illégalement trouve le chemin du marché international car les «documents d'origine » attestant leur provenance n’ont pas d'existence en droit international et le commerce du bois est légal.
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