Après l’ouverture d’une information judiciaire concernant des soupçons de détournements de fonds de la Banque du Liban par son ancien gouverneur Riad Salamé, Sherpa dépose une nouvelle plainte auprès du Parquet National Financier. L’objectif : faire la lumière sur les conditions dans lesquelles des figures politiques libanaises comme Najib Mikati ont accumulé des richesses considérables et sur le rôle des intermédiaires financiers ayant facilité ces acquisitions.
En 2019, alors que le Liban entrait dans une crise bancaire et financière sans précédent, Sherpa et le Collectif des victimes des pratiques frauduleuses et criminelles au Liban déposaient une première plainte concernant des soupçons de détournements de fonds publics en provenance du pays. Au cœur de ce vaste système questionnant la responsabilité des intermédiaires financiers, Sherpa attirait l’attention des autorités françaises sur Riad Salamé, alors gouverneur de la banque centrale du Liban, et les conditions dans lesquelles lui et certains de ses proches avaient acquis un patrimoine important en France. Depuis, une information judiciaire a été ouverte portant sur ces faits, en France ainsi qu’au Luxembourg, et d’autres enquêtes sont en cours en Belgique, en Allemagne, au Liechtenstein et au Liban où Riad Salamé est assigné à résidence.
Depuis, la crise au Liban s’est muée en crise politique et humanitaire, la population n’ayant quasiment plus d’accès à son épargne et plus largement à son système bancaire exsangue. Dans un contexte géopolitique régional sous tension, il est urgent d’interroger la responsabilité des personnalités politiques de premier plan et d’agir contre le détournement massif des ressources. Des détournements qui ne pourraient être opérés sans la complicité d’intermédiaires financiers européens.
Par le dépôt d’une nouvelle plainte, Sherpa l’attention du Parquet National Financier d’une part sur les conditions dans lesquelles Najib Mikati, actuel président du Conseil des ministres au Liban s’est constitué un patrimoine important en France et d’autre part sur l’origine des fonds qui ont transité par le système bancaire français.
En 2021, l’enquête des Pandora Papers a révélé l’existence de nombreuses sociétés enregistrées dans des paradis fiscaux dont Najib Mikati et ses proches seraient les bénéficiaires effectifs. Ces révélations interrogent sur la finalité de ces montages financiers complexes, l’origine réelle des fonds qui ont permis les investissements réalisés en France et le rôle des intermédiaires bancaires et financiers dans ces opérations.
L’enjeu central est ici de questionner la responsabilité de l’ensemble des acteurs impliqués et ainsi d’ouvrir la voie à une restitution des avoirs détournés. Alors que le pays connaît un effondrement d’une ampleur historique, la question de la restitution de ces fonds aux populations victimes doit demeurer au centre des débats.
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