Rédigé par 15 h 21 min Communiqués de presse

Décès de Christophe de Margerie, PDG de TOTAL

Paris, 24 octobre 2014 – Depuis la mort de Christophe de Margerie le 20 Octobre, un déluge de portraits élogieux de son parcours ont été dressés dans les médias. Sherpa souhaite cependant rappeler que le défunt PDG  de Total n’a pas sorti le Groupe de sa longue tradition de corruption, d’évasion fiscale et de violation des droits humains. 

Aussi pouvons-nous rappeler, en Asie, l’affaire de Total au Myanmar de 1995 à 1998 où le groupe s’est appuyé sur les forces armées de la  junte militaire au pouvoir qui a littéralement mis en esclavage une partie de la population locale pour la construction d’un gazoduc de 409 km. Le cas du Myanmar a  tellement porté atteinte à l’image du groupe qu’il a été forcé de passer un accord à l’amiable avec Sherpa qui avait porté l’affaire devant les tribunaux français. A l’époque où la législation en matière de travail forcé ne permettait pas en France de mettre en œuvre la responsabilité de Total, « cet accord était le seul moyen d’indemniser les victimes dans ce contexte d’impunité d’une entreprise française violant des droits fondamentaux à l’étranger.» explique Marie-Laure Guislain, responsable du contentieux du programme Globalisation et Droits Humains de Sherpa.

Sur le continent américain, en Argentine le Groupe pétrolier mène aujourd’hui un projet d’exploitation de gaz de schiste dans une zone naturelle protégée tout en ignorant les plaintes des populations locales. En Afrique, le Nigeria est également touché par les désastres environnementaux causés par les exploitations de gaz et de pétrole de Total, cas pour lequel les Amis de la Terre ont nominé le Groupe au Prix Pinocchio 2014.

Par ailleurs, entre distribution de pots-de-vin dans l’affaire « pétrole contre nourriture » en Irak et corruption d’agents publics étrangers en Iran – cas pour lequel le groupe a conclu une transaction de 400 millions de dollars pour mettre fin aux poursuites aux États-Unis – Total a également été visé à plusieurs reprises dans des affaires de corruption à grande échelle[1].

Enfin, comment parler du géant pétrolier sans évoquer le paradoxe fiscal de la firme. Avec un bénéfice net de près de 10.8 milliards d’euros en 2013, le Groupe parvient à ne payer aucun impôt sur les sociétés en France ! Total pourrait par ailleurs bénéficier d’un crédit d’impôt de 80 millions d’euros en 2017 grâce au Crédit d’impôt compétitivité emploi (CICE)[2].

Aussi, quand on retrace le parcours du défunt PDG de Total, on ne peut occulter le voile de corruption et de violation des droits humains qui entoure les activités du groupe depuis des décennies.

 

Contacts presse :

Marie-Laure Guislain | 01 42 21 33 25

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