Sherpa, React, Mediapart, Le Point, l’Observateur attaqués en diffamation par une société du groupe Bolloré

Sherpa, React, Mediapart, Le Point, l’Observateur attaqués en diffamation par une société du groupe Bolloré, la société SOCFIN

Les audiences publiques du procès en diffamation auront lieu le 25 et 26 janvier devant la 17ème chambre correctionnelle du TGI de Paris : point presse à 12h30 devant la 17ème 

Le 25 janvier s’ouvrira le procès de Sherpa, attaqué en diffamation par la société luxembourgeoise Socfin, pour avoir relayé un article sur les mobilisations de riverains d’exploitations d’huile de palme gérées par la Socapalm, une de ses filiales au Cameroun.

Nous publions à cette occasion la liste des personnes attaqués en justice par Bolloré depuis 2009, et nous nous mobilisons notamment au sein du collectif “On ne se taira pas!” (www.onnesetairapas.org) pour protéger la liberté d’expression.

Rappelons qu’en avril 2015, un article de l’ONG ReAct était relayé par Sherpa et les médias visés, faisant état des revendications des populations camerounaises locales à l’encontre de la Socapalm, Socfin et du groupe Bolloré, notamment sur les allégations d’accaparement de terres. Alors que les problèmes fonciers ont été admis dans ce dossier notamment par le groupe Bolloré devant le Point de Contact National (PCN) de l’OCDE, suite à la plainte déposée par Sherpa et d’autres ONGs, c’est le terme d’ « accaparement de terres » que Socfin considère comme étant diffamatoire et pour lequel elle a engagé une procédure.

Cette plainte semble relever d’une stratégie dite de “poursuites-bâillons” que le groupe a mis en place depuis quelques années : on compte ainsi 20 procédures initiées par Bolloré ou Socfin depuis 2009. Sherpa avait déjà été visée par une plainte en diffamation par Bolloré en 2011, plainte que le groupe avait finalement retirée. Les personnes et organisations attaquées en diffamation par le groupe Bolloré et les organisations solidaires publient ce jour une tribune pour détailler ces différentes procédures.

Les poursuites-bâillons visent à faire pression, à fragiliser financièrement et à isoler tout journaliste, lanceur d’alerte ou organisation qui mettrait en lumière les activités et pratiques contestables de géants économiques. Parce que l’intérêt général est en jeu, Sherpa[1] est à l’initiative avec d’autres ONGs et médias du collectif “On ne se taira pas!” pour se mobiliser à l’occasion de ces poursuites. Notre collectif initiera des réformes de la loi française pour qu’elle puisse, à l’instar d’autres pays, empêcher le bâillonnement et mieux protéger la liberté d’expression.

Il convient de rappeler qu’après une plainte de Sherpa et d’autres ONGs en 2010 au sujet des activités de la Socapalm qui dénonçait les problèmes sociaux, environnementaux et fonciers des riverains et employés de la plantation, le groupe Bolloré et Sherpa avaient finalement validé un plan d’action qui devait remédier aux manquements relevés par le PCN français. Malheureusement, le plan d’action n’a jamais été appliqué par le groupe Bolloré, qui a déclaré en décembre 2014 que Socfin bloquait l’application du plan.

Sherpa regrette que Bolloré se soit déchargé de ses engagements sur Socfin, et que les communautés camerounaises attendent toujours l’application du plan d’action et l’amélioration de leurs conditions de vie.

Contact presse :

Clara Gonzales, chargée de communication et contentieux : 01 42 21 33 25

[1] https://www.latribune.fr/opinions/tribunes/quand-les-multinationales-reduisent-les-defenseurs-des-droits-humains-au-silence-669493.html