[DECLARATION PUBLIQUE DES PLAIGNANTS] Lafarge en Syrie : l’enquête interne diligentée par l’entreprise admet l’implication de la maison-mère

Paris – 24 avril 2017

 

Les départs en cascade de Bruno Lafont et Eric Olsen du groupe Lafarge sont les premiers pas significatifs de l’entreprise vers la reconnaissance de sa responsabilité. Ils ont sans doute pour but de rassurer les actionnaires, ils n’empêcheront pas l’entreprise de devoir répondre de ces actes devant les magistrats instructeurs bientôt saisis de la plainte déposée par Sherpa le 15 novembre 2016 des chefs de financement de terrorisme, complicité de crimes de guerres et crimes contre l’humanité.

 

Le rapport interne, en ce qu’il admet l’implication de la direction de France, conforte les pièces versées au soutien de la plainte pénale de Sherpa : c’est bien la société mère qui était à l’origine des décisions prises et des actions commises par la filiale syrienne en violation des droits humains.

 

Nous nous félicitons en ce sens de l’adoption définitive et de la validation par le Conseil constitutionnel le 23 mars dernier de la loi consacrée au devoir de vigilance des multinationales : ces dispositions légales feront désormais obstacle à un tel manque de vigilance d’une société mère sur sa chaîne de production. Nous espérons qu’elles serviront, dans la prochaine mandature, à instaurer une mondialisation plus juste.

 

Les solutions de « droit mou » proposées à nouveau par Lafarge consécutivement à ce scandale – et notamment de création d’un comité éthique- sont largement insuffisantes et ont déjà montré leur inefficacité. Il est temps que l’implication directe des acteurs économiques dans le financement du terrorisme et dans toutes autres violations de droits humains soient jugées à la lumière du « droit dur » pour rendre justice aux populations affectées.

 

 

Contact presse :

Lisa Rieux, chargée de communication au sein de Sherpa : 01 42 21 33 25