La mise en examen de Vinci Construction Grands Projets dans l’affaire de travail forcé sur ses chantiers au Qatar a été confirmée par la chambre de l’instruction. Sherpa, à l’origine de la plainte, aux côtés du Comité contre l’esclavage moderne et de plusieurs anciens travailleurs, se félicite de ce pas supplémentaire vers l’accès à la justice pour les anciens travailleurs.
Neuf ans après une plainte initialement déposée en 2015 par Sherpa, et après près de cinq ans d’instruction, les juges de la Chambre d’instruction de Versailles ont confirmé la mise en examen de Vinci Constructions Grands Projets pour réduction en servitude, travail forcé, conditions de travail et d’hébergement incompatibles avec la dignité humaine et obtention de services en échange d’une rétribution manifestement sans rapport avec l’importance du travail accompli.
La multinationale soutenait que sa mise en examen devait être annulée en raison d’un prétendu excès de pouvoirs de la part du juge d’instruction, et de l’absence d’indices graves ou concordants qu’elle ait pu commettre ces infractions.
En 2014, Sherpa avait pu se rendre au Qatar et recueillir des témoignages sur les conditions de travail de l’époque sur certains chantiers opérés par la filiale qatarie de Vinci, parmi lesquelles la poursuite du travail sous une chaleur de plus de 45° avec insuffisamment d’eau ou d’ombre, la rétention des passeports, la nécessité pour eux de s’endetter afin de payer des sommes importantes à des agences de recrutement, des évanouissements, un accès insuffisant aux douches et WC dans les logements, une nourriture à peine comestible, etc.
En 2023 et 2024, pour la première fois, d’anciens travailleurs ont pu être officiellement auditionnés par la justice française.
La situation a été difficile pour nous pendant si longtemps. nous apprécions profondément le souci de justesse et de justice des juges français.
L’instruction suit son cours, en vue d’un potentiel renvoi vers un tribunal pour que l’entreprise puisse être jugée.