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Financement libyen : Sarkozy mise en examen pour « association de malfaiteurs »

Paris, le 16 octobre 2020 Nicolas Sarkozy a été mis en examen aujourd’hui pour « association de malfaiteurs », dans le cadre de l’enquête sur les soupçons de financement libyen de sa campagne présidentielle de 2007. Cette mise en examen, inédite en France concernant un ancien président, souligne bien la dimension collective des faits qui lui sont reprochés, et permet de mettre l’accent sur le caractère complexe de cette affaire. 

Cette mise en examen intervient peu après un arrêt de la cour d’appel de Paris rendu le 24 septembre, qui a très largement validé l’enquête du juge d’instruction alors que les avocats de Nicolas Sarkozy et de ses anciens ministres Claude Guéant, Eric Woerth et Brice Hortefeux avaient soulevé toute une série de nullités contre ces investigations, parmi lesquelles figurait la constitution de Sherpa comme partie civile.

Pour rappel, l’association Sherpa, dans le cadre de son action contre la criminalité économique et financière internationale, s’était constituée partie civile le 26 juin 2013 à l’occasion de l’information ouverte relative à d’éventuels faits de financements illicites pendant la campagne électorale de Nicolas Sarkozy.

Dans ce dossier, qui concernait jusqu’à présent des faits de « corruption passive », « recel de détournement de fonds publics » et « financement illégal de campagne », le juge d’instruction estime donc qu’il existe des indices quant à l’existence d’une entente entre les différents protagonistes en vue l’obtention du financement illégal dans le cadre de la campagne présidentielle de 2017. Cette nouvelle mise en examen pour « association de malfaiteur » permet de mettre en lumière la difficulté à engager la responsabilité de chacun des personnages politiques de premier plan impliqués, ainsi que l’opacité qui entoure les transactions financières sensibles dans lesquelles ils interviennent.

La présente affaire souligne également l’importance du rôle joué par les associations dans le combat judiciaire visant à lutter contre les transferts de fonds illicites et les pratiques corruptives afin de garantir le respect de l’intégrité de la vie politique et économique dans un espace globalisé.

Étiquettes : , , Dernière modification: 16 octobre 2020
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