Une enquête du Wall Street Journal révèle que la société française Amesys, filiale du groupe Bull, a fourni en 2008 au dictateur libyen du matériel de surveillance à distance des télécommunications.
Sherpa a déposé plainte ce jour auprès du Procureur de la République de Paris à l’encontre de la société Amesys pour la vente illégale d’un important dispositif de surveillance à distance destiné à traquer les forces rebelles et les opposants au régime. En effet, ce type de transfert de technologie, à l’instar de la vente de certains matériels militaires, doit être autorisé par le gouvernement français. Or, selon nos informations, aucune autorisation n’aurait été délivrée à la société Amesys relativement à la vente litigieuse.
A travers cette plainte, Sherpa entend obtenir l’ouverture d’une enquête qui permettrait de faire la lumière sur cette transaction et d’identifier le cas échéant les responsabilités.
Au-delà, Sherpa entend dénoncer la logique de profit tout azimut qui anime les acteurs économiques et leur fait perdre le sens du bien commun. « Il n’est pas acceptable que les opérateurs économiques se mettent au service d’un appareil de répression féroce tel que le régime de Mouammar Kadhafi » déplore William Bourdon, président de Sherpa.