Affaire Rafale en Inde

Pour une justice par-delà
les frontières

Pourquoi une action en justice contre Dassault ?

Sherpa rappelle que jusqu’à ce qu’une éventuelle décision de condamnation soit définitive, toute personne accusée ou poursuivie par une juridiction nationale ou internationale est présumée innocente. À cet égard, une décision susceptible de recours, par exemple un appel ou un pourvoi en cassation, ne constitue pas une décision définitive.

En 2016, 36 avions de combat Rafale, fabriqués par Dassault Aviation, sont vendus à l’Inde pour un montant estimé à 7,8 milliards d’euros dans le cadre d’un contrat d’État à État. Cette vente, conclue sans appel d’offres public, intervient après près de huit années de négociations entre Dassault et l’entreprise publique indienne HAL (Hindustan Aeronautics Limited), écartée au profit de Reliance Group, un conglomérat privé dirigé par un proche du Premier ministre indien Narendra Modi. Cette décision suscite de nombreuses interrogations et soupçons en France comme en Inde, notamment sur le choix des partenaires industriels et les conditions d’attribution du contrat. 

À la suite des révélations des Rafales Papers, Sherpa dépose une première plainte en 2018 auprès du Parquet national financier (PNF), qui sera classée sans suite en 2019, faute d’ouverture d’enquête préliminaire. En 2021, Sherpa dépose cette fois une plainte avec constitution de partie civile, ce qui permet de contourner l’inaction du PNF qui entraîne en juin 2021 l’ouverture d’une information judiciaire, confiée à des juges d’instruction, visant à examiner d’éventuels faits de corruption, concussion, trafic d’influence, favoritisme et blanchiment en lien avec ce contrat.  

Cette affaire met aussi en évidence les failles des dispositifs de lutte contre la corruption, qui repose en priorité sur le contrôle interne des entreprises. Elle souligne également les obstacles à la lutte contre la corruption lorsque des intérêts nationaux sont en jeu. 

Chronologie

Les étapes clés de l'affaire

  • 4 octobre 2018

    Plainte en Inde

    Un ancien ministre Indien et un avocat anti-corruption déposent une plainte auprès du Bureau central d’investigations de New Delhi contre le Premier ministre indien Narendra Modi pour « abus de pouvoir » et « octroi d’avantages indus » dans le cadre de la vente des Rafale. Cette après plainte, plusieurs années de procédure jusqu’à la Cour suprême de l'Inde, n’aboutira à aucune condamnation.

  • 10 octobre 2018

    Révélations de Médiapart

    Les journalistes Karl Laske et Antton Rouget publient un article sur la vente des avions pendant la présidence de François Hollande face aux appels de l’opposition indienne qui accuse le président Narendra Modi de favoritisme et d’une “immense escroquerie" dans cette affaire.

    En savoir plus
  • 26 octobre 2018

    Dépôt de plainte

    Sherpa dépose une plainte auprès du Parquet national financer pour éclaircir les conditions de vente de 36 avions par Dassault Aviation à l’Inde en 2016. La plainte est classée sans suite en juin 2019.

    En savoir plus
  • 28 avril 2021

    Dépôt de plainte et constitution de partie civil

    Sherpa dépose une nouvelle plainte avec constitution de partie civile et sollicite l’ouverture d’une information judiciaire.

  • 5 juillet 2021

    Ouverture d’une information judiciaire

    Le Tribunal judiciaire de Paris ouvre une information judiciaire pour favoritisme et autres infractions financières suspectées par Dassault.

Impact

Pourquoi initier des actions en justice ?

Sherpa

Le droit est un outil de pouvoir dans la mondialisation, il innerve les rapports de force et favorise l’impunité des plus puissants. Du fait de leur caractère transnational, ou d’enjeux politiques et économiques, de nombreuses situations de violations échappent à la justice. Saisir les juridictions doit permettre de replacer le débat sur le terrain du droit, de donner la parole aux personnes affectées et ainsi de restituer l’outil juridique aux mouvements sociaux.

Sherpa

Grâce au travail d’ONG et de journalistes, les conséquences néfastes de la globalisation sont de plus en plus documentées et dénoncées. Nos actions judiciaires permettent d’engager un débat contradictoire, d’établir les faits, et d’appliquer les règles de droit à ces situations. Elles visent aussi à apporter des solutions concrètes en faisant cesser des violations, en engageant la responsabilité des acteurs concernés et/ou en permettant aux victimes d’obtenir réparation.

Sherpa

Appuyant notre plaidoyer et associées à notre laboratoire de droit et partage d’expérience, nos actions en justice ont vocation à contribuer à un changement plus large et durable. Elles nourrissent le débat public pour mettre en lumière les limites du cadre juridique et les obstacles auxquels font face les victimes du capitalisme mondialisé. Elles établissent des précédents qui viennent façonner un cadre juridique plus protecteur.

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