Affaires des biens mal acquis syriens – Rifaat al-Assad

Pour une justice par-delà
les frontières

Pourquoi les biens mal acquis en Syrie ?

Sherpa rappelle que jusqu’à ce qu’une éventuelle décision de condamnation soit définitive, toute personne accusée ou poursuivie par une juridiction nationale ou internationale est présumée innocente. À cet égard, une décision frappée d’un recours, par exemple un appel ou un pourvoi en cassation, ne constitue pas une décision définitive.

En 1970, Hafez al-Assad prend le pouvoir en Syrie à la faveur d’un coup d’état et le garde jusqu’en 2000, date de son décès. Son fils Bachar al-Assad lui succède, en maintenant le régime autoritaire qui repose depuis des années sur un système alliant corruption et népotisme. Ce système, tel qu’il existe, aurait permis l’enrichissement de nombreux cadres du régime parmi lesquels, l’oncle de Bachar al-Assad, Rifaat al-Assad. 

Vice-président «en exil» de la Syrie de 1984 à 1998, celui qui a été une des figures centrales du clan Assad est tristement connu pour avoir été à la tête des «Brigades de défense». Des forces d’élite qui seraient impliquées dans le massacre sanglant de Hama en 1982, dont le nombre de victimes a été estimé entre 10 000 et 25 000 par Amnesty International. Des faits qui font l’objet d’une enquête pour crime de guerre en Suisse, et qui impliqueraient directement Rifaat al-Assad.

Tombé en disgrâce en 1984 après une tentative avortée de coup d’Etat, Rifaat al-Assad, qui a cependant conservé son titre durant son «exil», trouvera refuge en France où il est décoré de la Légion d’honneur en 1986 (qu’il rendra finalement en 2022). Durant ces années, le vice-président se constituera en France un patrimoine somptuaire, constitué de biens immobiliers à Paris et à Lyon, ainsi que d’une propriété dans le Val-d’Oise.

Chronologie

Les étapes clés de l'affaire

  • 27 juillet 2011

    Dépôt de plainte simple

    Dépôt de plainte simple avec Transparency International France visant les biens mobiliers et immobiliers détenus en France par Riffat al-Assad et une vingtaine de personnes. Plainte qui sera classée sans suite.

  • 13 septembre 2013

    Dépôt de plainte

    Nouvelle plainte déposée par Sherpa et Transparency International France contre Rifaat al-Assad pour recel de détournement de fonds publics, corruption et blanchiment aggravé en bande organisée.

  • 30 septembre 2013

    Ouverture d'une enquête préliminaire

    Faisant suite au dépôt de plainte de Sherpa et Transparency International France.

  • 6 février 2014

    Dépôt de plainte

    Plainte avec constitution de partie civile déposée par Sherpa contre Rifaat al-Assad.

  • 4 avril 2014

    Ouverture d’une information judiciaire

    Faisant suite aux dépôts de plaintes.

  • 28 juin 2016

    Mise en examen de Rifaat al-Assad

    Ses avoirs français d'une valeur de 90 millions d'euros sont saisis par la justice.

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  • 17 juin 2020

    Rifaat Al-Assad est condamné en première instance

    Condamné à 4 ans de prison ferme et à la confiscation de l’ensemble de ses biens saisis situés sur le territoire français notamment pour blanchiment en bande organisée de détournement de fonds publics en Syrie.

    En savoir plus
  • 9 septembre 2021

    La Cour d’appel confirme le jugement

    Confirmation de la condamnation de Rifaat al-Assad à 4 ans de prison ferme et à la confiscation de ses biens situés en France.

    En savoir plus
  • 7 septembre 2022

    Rifaat al-Assad définitivement condamné

    La plus haute juridiction française confirme la condamnation de Rifaat al-Assad à quatre ans de prison pour blanchiment d’argent et détournement de fonds publics ainsi que la confiscation de ses avoirs situés en France.

    En savoir plus

Impact

Pourquoi initier des actions en justice ?

Sherpa

Le droit est un outil de pouvoir dans la mondialisation, il innerve les rapports de force et favorise l’impunité des plus puissants. Du fait de leur caractère transnational, ou d’enjeux politiques et économiques, de nombreuses situations de violations échappent à la justice. Saisir les juridictions doit permettre de replacer le débat sur le terrain du droit, de donner la parole aux personnes affectées et ainsi de restituer l’outil juridique aux mouvements sociaux.

Sherpa

Grâce au travail d’ONG et de journalistes, les conséquences néfastes de la globalisation sont de plus en plus documentées et dénoncées. Nos actions judiciaires permettent d’engager un débat contradictoire, d’établir les faits, et d’appliquer les règles de droit à ces situations. Elles visent aussi à apporter des solutions concrètes en faisant cesser des violations, en engageant la responsabilité des acteurs concernés et/ou en permettant aux victimes d’obtenir réparation.

Sherpa

Appuyant notre plaidoyer et associées à notre laboratoire de droit et partage d’expérience, nos actions en justice ont vocation à contribuer à un changement plus large et durable. Elles nourrissent le débat public pour mettre en lumière les limites du cadre juridique et les obstacles auxquels font face les victimes du capitalisme mondialisé. Elles établissent des précédents qui viennent façonner un cadre juridique plus protecteur.

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